dimanche 8 février 2009

Dans mes bras (extrait)

Matthew n’avait pas envie. Pas eux. Eux et leur whisky, elles et leur parfum. Tout cela est bien trop alcoolisé. Il voulait voir la mer, et laisser tomber tout ça, la soirée, tout ça, les copains, tout ça, les copines et les tapis tâchés. Dan lui demande :

« Alors, ça évolue avec cette fille, là, celle que t’as rencontrée la dernière fois ?

Non. Pourquoi le monde a évolué lui ? »

Un verre vide dans les mains ; il est mal habillé, juste un tee-shirt vert imprimé et un pantalon râpé. Débraillé et désinvolte : symbole d’invulnérabilité. On est le soir, une espèce de soir magique dans une petite villa en Californie, et Michelle donne une soirée. Branchée et inoubliable. Les filles ne sont pas si jolies à cette fête pourtant. C’est bruyant et enfumé. Mais tout ça, c’est dans l’air du temps. Hein, Matthew ? Tu détestes ça, cet abandon qui ne te saisit pas, cette folie passagère à laquelle tu ne cèdes jamais. Mais sans cette mascarade, on reste à bavarder avec les binoclards, et socialement, c’est rude. C’est cliché ça, hein ? Mais Matthew le percevait comme ça, lui aussi, avec une certaine désolation.

Et puis il n’aimait pas beaucoup le binoclard de sa classe. Y’en a toujours un, de binoclard postillonnant.

Matthew c’était le mec cool et discret. Pas de quoi en faire une montagne, pas de quoi l’évincer non plus. Il était , et c’était déjà beaucoup.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire